5.9.08

Elmer Bernstein - Biographie




Elmer Bernstein

(1922 – 2004)



Né à New York en 1922 d'une famille d'amateurs d'arts (mère danseuse et père chanteur amateur), Elmer Bernstein entame très jeune l'étude du piano et donne son premier concerto à l'age de 15 ans. Se désignant à une carrière de concertiste, il intègre l'Université de New York et sera l'élève d'Aaron Copland. Il travaille conjointement comme arrangeur dans l'orchestre de Glenn Miller. Pendant la guerre, sa carrière est interrompue (il s'engage dans l'aviation de 1943 à 1646). Il est alors amené à travailler pour la radio et illustre des émissions de propagande. En 1950, grâce à ses illustrations, il est remarqué par la Columbia qui lui demande de composer la musique de Saturday's Heroes.

Sa carrière prend une toute nouvelle tournure et Bernstein se dirige alors vers le cinéma. A cette époque, il refuse un contrat de sept ans chez Columbia, ne désirant pas travailler de cette façon. En 1955, Otto Preminger lui propose de composer le score de L'Homme au Bras d'Or, la toute première musique hollywoodienne intégralement inspirée par le jazz. Cette B.O. est aujourd'hui reconnu comme étant l'une des plus grandes partitions de jazz symphonique du Septième Art. L'année suivante, il illustre, dans une tradition plus classique, Les Dix Commandements de Cecil B. de Mille. Suivent la série culte Johnny Staccato, une musique jazz largement improvisée, et Comme un Torrent (Vincente Minelli) à la fois jazz et classique, sorte d'aboutissement des premiers travaux de Bernstein pour le cinéma.

Avec Les Sept Mercenaires, en 1960, commence une nouvelle décennie pour le compositeur, dans la grande tradition américaine du western (Les Comancheros - 1961, La Grande Evasion - 1963, Cent Dollars pour un Shérif - 1969…) : une approche plus vigoureuse dans la musique, avec des thèmes forts et facilement mémorisables. A la fin des années 60, lassé de ce style de musique dont il pense avoir fait le tour (il dira plus tard s'être répété), Bernstein ralentit son activité créatrice. Paradoxalement, en 1967, la profession le récompense d'un Oscar pour le film Millie de George Roy Hill.

Il se tourne alors vers la télévision et Broadway où il crée le revue How Now Dow Jones. Il dirige également la Fondation des Jeunes Musiciens de Los Angeles pendant dix ans et s'occupe parallèlement de l'Orchestre Symphonique de San Fernando Valley. En 1969, il est nommé président du Syndicat des Compositeurs et Paroliers d'Amérique. En 1974, alors à la tête du National Philharmonic Orchestra, il entreprend un travail d'exhumation des plus grandes partitions classiques, recouvrant toute l'histoire du cinéma hollywoodien, travail qui se soldera par un échec commercial.

Au début des années 80, Elmer Bernstein est devenu aux yeux de certains un compositeur du passé, n'ayant plus guère à offrir au cinéma... ce qui ne l'empêche pas de nous proposer en 1981 l'un des plus grands chef d'œuvre de sa carrière, Metal Hurlant. Une musique flamboyante où le compositeur réussit l'exploit d'unifier plusieurs genres cinématographiques (gore, heroïc-fantazy, anticipation, épouvante...) dans un seul et même score ample, symphonique et majestueux. En 1985, suivent le célèbre Taram et le Chaudron Magique ainsi que le très décalé Drôles d'Espions (la même année, les studios Disney refusent sa partition pour Natty Gann).

Au début des années 90, maîtrisant parfaitement ses 45 ans de carrière, Bernstein s'avoue en confiance avec son travail et n'accepte alors de ne signer que pour des films auxquels il croit. Cette dernière décennie marque alors quelques fabuleuses collaborations : Stephen Fears (Les Arnaqueurs - 1990), John Mc Naughton (Mad Dog & Glory - 1993), Martin Scorcese (Le Temps de l'Innocence - 1993).

L'artiste compose en 2002 sa toute dernière B.O., Loin du Paradis. Pour ce melodrame de Todd Haynes, très encré dans les années 50, le compositeur nous offre un score en complet décalage d'avec le cinéma actuel : des mélodies chaudes, feutrées et mélancoliques, sans aucun effets électroniques, prenant leur source dans le très lyrique Du Silence et des Ombres (Robert Mulligan - 1962). Elmer Bernstein déclare dans une interview être un compositeur heureux d'avoir travaillé dans les années 50, la musique hollywoodienne d'aujourd'hui ayant sombré dans des abysses commerciaux.

Pourtant, il gardait espoir et songait déjà au jour où cette tendance s'inverserait...

Merci Monsieur Bernstein.

Rédacteur : Isaius

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